La récente fermeture de la gare Saint Lazare a montré les limites du service minimum dans les transports. Rappelons d’abord que le trafic de cette gare était perturbé depuis un mois par une grève des conducteurs sur les effectifs avec des débrayages de 59 minutes par jour, perturbant totalement le service. Plus récemment, les cheminots avaient cessé le travail après l'agression de l’un de leur collègue de travail. Très « remonté" le Président de la République avait demandé à la SNCF de "s'excuser" et "d'indemniser" les voyageurs en insistant sur le fait que «le service public appartenait au public" ….
Au delà de l’escalade verbale entre le Président de la République et le syndicat Sud Rail, on peut légitimement s’interroger sur la portée de la loi relative au service minimum dans les transport. En effet, ce texte voté après l’euphorie des présidentielles montre déjà ses limites….Limites évidentes et que nous avions relevé dans maints articles. Ainsi, il est étrange que dans une loi relative au service minimum, nulle part ne soit cité le terme de grève. Qui plus est, la loi ne concerne que les « perturbations prévisibles du trafic ». Et comme l’avait déclaré à l’époque le ministre du travail « les grèves émotionnelles, déclenchées à la suite de l'agression d'un collègue par exemple, portent le nom de grève, mais ne sont pas visées comme telles par ce texte, qui vise les événements prévisibles »….Le problème, c’est que dans maintes régions (Nord, Nice, Marseille…), ce sont essentiellement ces types d’arrêts qui se développent et auxquels la loi sur le service minimum n’apporte réponse. On est loin de la promesse du candidat Nicolas Sarkozy en avril 2007 lorsqu’il soutenait : «je garantirai trois heures de transport en commun pour aller au travail, et trois heures pour en revenir ».
Résultat des courses : le député UMP Ciotti, au risque de déclancher un nouveau conflit syndical, a déposé vendredi une proposition de loi visant à renforcer le service minimum dans les transports. N’eut il pas été plus simple, au lieu de faire de tonitruantes et martiales déclarations, de réfléchir à la portée de la loi, au lieu d’envisager aujourd’hui la réforme d’un texte voté un an avant.