La France est elle un pays
majeur et responsable ? On peut honnêtement se poser la question lorsque l’on
observe le débat consécutif au rapport Léger relatif à la modification de la
procédure pénale. La mesure qui agite aujourd’hui le landerneau politique est
celle de la suppression du juge d’instruction dont Balzac avait dit qu’il était
l’homme le plus puissant de France. Sans nier l’importance de ce personnage on peut se demander si cette volonté de suppression mérite des
débats aussi passionnés. En effet, au-delà des joutes oratoires, les
statistiques sont têtues : les juges d’instruction ne recueillent aujourd’hui que 5 % des dossiers, les autres étant confiés aux
enquêteurs du parquet. Et ce chiffre ne fait que décroître. A titre indicatif, le
recours au juge d’instruction a diminué de plus de 30 % en dix ans et ce mouvement ne cesse de s’accentuer. C’est
dire qu’aujourd’hui le recours à ce
magistrat n’existe que lorsque l’affaire est grave, complexe sensible et
nécessite des investigations complémentaires. Certes, on objectera qu’il
convient d’accorder une vigilance particulière au traitement de ces affaires
sensibles. Mais en sens inverse, est-il normal d’accorder une importance aussi
grande à des procédures auxquelles une immense majorité des affaires pénales
sont étrangères. En pendant ce temps où politiques, magistrats et avocats débattent
on peut déplorer que les autres propositions du comité Léger restent sans écho
alors que certaines ont un impact plus concret sur nos concitoyens. Nous nous
contenterons de relever les propositions (insuffisantes) relatives à la garde à
vue sachant que le nombre de personnes concernées a augmenté de 70 % entre 2001
et 2008….. !